La société a déclaré que 5 000 postes seraient supprimés en France, 5 100 en Allemagne, 900 en Espagne, 1 700 postes en Grande-Bretagne et 1 300 postes sur les autres sites mondiaux d’Airbus.

Airbus a averti que “des actions obligatoires ne peuvent être exclues à ce stade”, indiquant que certains employés pourraient être licenciés.

Il a déclaré que le plan serait désormais discuté avec les syndicats et qu’Airbus chercherait à utiliser différentes mesures pour réaliser les réductions, y compris les départs volontaires, la retraite anticipée et les régimes de chômage partiel de longue durée.

– «Un choc brutal et durable» –

Signe de la controverse qui pourrait s’annoncer, le ministère français de l’Economie a déclaré que le nombre de suppressions d’emplois était “excessif” et a exhorté Airbus à tout faire pour limiter le nombre de départs forcés.

“Le secteur de l’aviation est confronté à un choc massif, brutal et durable. Il est très probable que la reprise soit progressive”, a indiqué le ministère.

Mais il a ajouté: “Cependant, le chiffre des suppressions d’emplois annoncé par Airbus est excessif”.

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement français a promis 15 milliards d’euros (17 milliards de dollars) à l’industrie aéronautique du pays dans le but de préserver les emplois.

Le secteur a été martelé par les restrictions de voyage imposées pour contenir l’épidémie, les entreprises du monde entier ne sachant toujours pas quand elles pourront remettre les avions au sol en l’air.

Son principal rival Boeing a déclaré en avril qu’il prévoyait de réduire ses effectifs de 10% par des licenciements volontaires et involontaires pour faire face à la nouvelle situation.

“Airbus fait face à la crise la plus grave que ce secteur ait jamais connue”, a déclaré le directeur général d’Airbus, Guillaume Faury.

L’entreprise avait déjà annoncé en avril qu’elle réduisait la production de ses avions d’environ un tiers.

“Ces mesures nous ont permis de traverser les premiers stades du choc économique”, a ajouté Faury dans un message vidéo.

Mais “étant donné l’ampleur de la crise et la part de notre activité qui a disparu dans un avenir prévisible, il y a encore un besoin d’adaptation”.

“Il est de notre devoir d’affronter la réalité”, a-t-il déclaré, tout en exprimant sa confiance dans le fait qu’Airbus “se rétablirait”.

– Air France supprime des emplois –

L’annonce d’Airbus intervient alors que des sources syndicales ont déclaré à l’AFP que la compagnie aérienne française Air France supprimerait 7500 emplois d’ici la fin de 2022 dans le cadre d’une campagne de réduction des coûts qui a gagné en urgence à la suite de la pandémie.

La plupart des suppressions d’emplois proviendront du non-remplacement des retraités ou des départs volontaires, bien que les licenciements n’aient pas été exclus, ont indiqué des sources syndicales avant la réunion du comité d’entreprise avec la direction vendredi.

Le groupe rejoint une longue liste de compagnies aériennes qui ont annoncé des suppressions d’emplois ces dernières semaines. Air France s’est vu proposer ou prêter 7 milliards d’euros de prêts d’urgence à l’État français.

Lufthansa va supprimer 22 000 emplois, British Airways 12 000, Delta Air Lines 10 000 et Qantas 6 000.