La manifestation anti-gouvernementale contre le “gilet jaune” s’essoufflait samedi, mais a perturbé la circulation par des barrages routiers à travers le pays, entraînant la mort d’une dixième personne depuis le début du mouvement le mois dernier .

Le taux de participation dans les rues de Paris et d’autres villes était inférieur à celui des week-ends précédents, ont annoncé les autorités. Aucun dégât ni affrontement majeur n’avait été signalé entre la police et les manifestants au milieu de l’après-midi.

Environ 23 800 personnes ont manifesté à 13h00 GMT, dont moins de 1 000 à Paris, a annoncé le ministère de l’Intérieur. C’était en baisse par rapport à il y a une semaine, alors qu’il y avait 33 500 manifestants dans les rues, dont 2 200 à Paris.

Les autorités s’attendaient à une marche à Versailles, dont le château est un symbole du pouvoir français et l’un des principaux attraits touristiques de l’Europe.

Mais peu de manifestants «gilets jaunes» (nommés d’après la veste haute visibilité que les automobilistes français doivent porter dans leur voiture) se sont présentés dans la ville royale.

Des groupes de manifestants dispersés étaient dans les rues de Paris à proximité de monuments touristiques tels que la basilique du Sacré-Cœur et les grands magasins des Galeries Lafayette, chantant La Marseillaise et réclamant la démission du président Emmanuel Macron.

La fréquentation était cependant à la hausse à Lyon et à Bordeaux, selon des témoins de Reuters. Les manifestants ont également réussi à bloquer certaines des grandes routes, notamment celle qui menait en Espagne.

Tard vendredi, un homme de 36 ans est décédé à Perpignan, dans le sud de la France, lorsque sa voiture a heurté un camion contre un barrage routier érigé par les manifestants, portant à 10 le nombre de morts lié aux manifestations.

Samedi, la police a tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants rassemblés près de la villa de Macron dans la ville chic du Touquet, dans le nord de la France.

ACCIDENTS DE LA ROUTE

Dans la capitale française, la police a arrêté 109 manifestants, dont sept étaient en garde à vue.

Il y a trois semaines, les manifestations à Paris se sont transformées en l’un des pires troubles de la capitale depuis les troubles civils de 1968. Des voitures ont été incendiées, des vitres de banques et de bureaux d’assurance ont été brisées et le mobilier urbain a été vandalisé.

Sur les dix décès liés aux manifestations, la plupart ont été causés par des accidents de la route.

Les manifestants du “gilet jaune” ont commencé à la mi-novembre à se rassembler contre les hausses de la taxe sur les carburants, puis contre la politique de réforme économique libérale plus vaste de Macron, qui avait accordé des avantages fiscaux et salariaux au début du mois.

Mais le mouvement a progressivement perdu de la vitesse ces dernières semaines.

Depuis qu’il a succombé devant les manifestants dans un discours télévisé le 10 décembre, Macron, qui a eu 41 ans vendredi, a largement échappé à l’attention du public, restant dans le palais de l’Elysée pour ce que son équipe de presse a appelé des réunions internes.

Un récent sondage a montré que le Rassemblement national d’extrême droite français, anciennement connu sous le nom de Front national, a confirmé qu’il était à ce jour le principal bénéficiaire politique des manifestations.