Le gouvernement français tente désespérément de garder ses forces de police épuisées après des semaines de manifestations violentes réclamant réformes, le niveau de vie et la démission du président Emmanuel Macron.

Mercredi, des responsables français ont rencontré les dirigeants syndicaux de la police afin de trouver un accord apaisant la colère des forces de l’ordre face au surmenage, aux heures supplémentaires non payées et aux conditions de travail difficiles, a fait savoir Le Monde .


Les négociations entre trois syndicats – Alliance, UNSA-Police et Unity-SGP-FO – et le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, n’ont pas abouti mardi à un accord. Lors de la reprise des pourparlers mercredi, France 24 a rapporté que des activistes appelaient les forces armées du pays à s’engager en faveur d’un “ralentissement” et à ne réagir qu’en cas d’urgence tant que le conflit n’était pas réglé.

La police a accumulé quelque 23 millions d’heures supplémentaires qui n’ont pas encore été payées. Selon le responsable du syndicat de la police Frédéric Lagache, “Face à cette irresponsabilité [du gouvernement], nous sommes forcés d’être irresponsables dans nos actions”.

Les syndicats de l’Alliance et de l’Unité-SGP-FO ont appelé mercredi à un “jour noir pour la police”. L’Alliance utilise Twitter et Facebook pour rassembler son soutien à ce qu’elle appelle «l’acte 1» des manifestations de la police, en utilisant le nom donné aux manifestations en cours organisées par les gilets jaunes. Le groupe a également menacé de tenir «l’acte II» et «l’acte III» si nécessaire.

Les syndicats ont déjà averti le gouvernement d’un nouveau projet de budget qui devrait être adopté jeudi, qui, selon l’Alliance, réduirait d’environ 70,8 millions d’euros le budget de la police nationale.

Un tel coup se dégraderait davantage pour les forces de police lors de leurs déploiements les plus urgents depuis des années. Denis Jacob, un porte-parole du syndicat Alternative Police, a déclaré que la police était déjà “au point de rupture”.

Le gouvernement offre une prime unique d’environ 300 euros à chaque officier déployé pour faire face aux manifestations des gilets jaunes, pour un total d’environ 37,7 millions d’euros. Mais cela pourrait ne pas suffire à apaiser une force qui prétend avoir été surmenée et sous-payée pendant des années – les heures supplémentaires non rémunérées, par exemple, totalisent environ 313 millions de dollars à l’échelle nationale, a fait savoir Le Monde.