Home Martinique Martinique : 12 meurtres commis avec une arme à feu depuis le début de l’année, les élus s’alarment

Martinique : 12 meurtres commis avec une arme à feu depuis le début de l’année, les élus s’alarment

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Le décompte macabre depuis le début de l’année 2019 ne cesse d’augmenter. Les autorités recensent ainsi 15 meurtres dont 12 commis avec une arme à feu depuis janvier, selon notre confrère RCI Martinique. Fin juillet, un adolescent de 15 ans, a encore été tué d’une balle dans la tête à Volga-plage, allongeant la liste sanglante des homicides sur l’île. Le 23 mai dernier, une femme de 43 ans avait été tuée par une balle perdue lors d’une fusillade survenue à Volga-Plage.

Face à cette escalade de la violence, le maire de Fort-de-France et trois députés martiniquais de sensibilités politiques différentes réclament, dans une déclaration commune publiée lundi soir, des « mesures ambitieuses » pour lutter contre « la prolifération des armes et la délinquance juvénile », face à « l’augmentation des actes de violences » dans leur île.

« Nous ne pouvons nous résoudre au fait que le seul horizon pour notre pays soit celui d’un territoire de non droit »

Dans cette déclaration commune, le maire Didier Laguerre et les députés Serge Letchimy, Josette Manin (apparentés PS), et Jean-Philippe Nilor (GDR, groupe à dominante PCF) demandent notamment la mise en place « d’un véritable plan de lutte contre la délinquance juvénile ». Ils réclament également que « soient débloqués 1000 à 1200 postes, via des contrats d’adultes relais d’éducateurs de rue en direction des associations et des villes ». Les élus réclament également « des mesures législatives spécifiques » contre la prolifération des armes à feu. Sur cette question spécifique, le député Nilor propose d’ailleurs la création d’une commission d’enquête parlementaire.

Enfin, ils souhaitent être reçus « en urgence par les ministres de l’Intérieur, des Outre-mer et de l’Emploi ». « Nous ne pouvons nous résoudre au fait que le seul horizon pour notre pays soit celui d’un territoire de non droit », concluent les élus. Les Antilles françaises sont aussi un carrefour de nombreux trafic de drogues, qui suscitent aussi l’attention des autorités. L’une des raisons aussi de la prolifération des armes en Martinique.

Parmi les doléances adressées au gouvernement figure par ailleurs le souhait de renforts imminents de police judiciaire pour faire avancer les enquêtes.

Opérations « Déposez vos armes »

Autre priorité évoquée par les édiles, le recrutement de plus d’un millier de travailleurs sociaux et autres agents de médiation au sein des associations. La disparition récente de nombreux contrats aidés dans le milieu associatif martiniquais a posé des vrais problèmes de prise en charge d’une partie de la population dite « fragile ».

Depuis le début de l’année, les services de la préfecture organisent des événements pour inciter la population à « déposer les armes ». Les citoyens sont invités à remettre leurs armes à la police ou à la gendarmerie « avec la garantie qu’aucune sanction administrative ou judiciaire ne sera prise à leur encontre pour détention d’arme illégale, en accord avec le procureur de la République », précisait ainsi Franck Robine, le préfet de Martinique, en février, à Martinique 1ère , lors de la quatrième opération de ce genre sur l’île. Ces opérations à l’américaine n’ont visiblement pas suffi à endiguer la vague de crime qui frappe « Madinina ».

Législation durcie depuis 2013

En ce qui concerne la législation sur les armes, depuis le 6 septembre 2013, il existe déjà un nouveau cadre législatif. Les armes de catégorie A (matériels de guerre et armes interdits à l’acquisition et à la détention pour les civils) sont formellement interdites.