Dernière ligne droite avant l’année 2019, qui marquera la mise en place de la réforme du lycée et du baccalauréat dans les classes de première, dès septembre prochain.

Cette semaine, du 18 au 21 décembre, les établissements sont appelés à présenter aux élèves de seconde leur offre de formation. Car ces derniers devront choisir, dans les mois qui viennent, leurs «spécialités» parmi une liste de douze. Trois pour la classe de première, puis deux pour la terminale. Dans le cadre de cette réforme orchestrée par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation, les traditionnelles filières S, ES et L sont appelées à disparaître, pour laisser la place à des parcours «à la carte», prône la Rue de Grenelle.

Mais quels choix faire dans cette liste de douze enseignements, qui compte des disciplines traditionnelles comme les mathématiques, l’histoire-géographie ou la physique-chimie, mais aussi des nouveautés comme le numérique et l’informatique?

«Si l’on veut faire véto, faudra-t-il prendre les spécialités mathématiques et physique ou bien mathématiques et sciences de la vie et de la terre ?»Samuel Cywie, représentant de la Peep

Du côté des parents et des élèves, c’est l’incertitude, voire l’inquiétude, qui domine pour l’heure. «Les familles se demandent ce que les établissements vont proposer. Et surtout, elles s’interrogent sur les choix les plus judicieux à faire, au regard de l’orientation souhaitée dans le supérieur, martèle Samuel Cywie, représentant de la Peep, la 2e fédération de parents. Par exemple, si l’on veut faire véto, faudra-t-il prendre les spécialités mathématiques et physique ou bien mathématiques et sciences de la vie et de la terre?» interroge-t-il. Et si l’on vise Sciences Po? Ou une école de commerce?

Un minimum de sept spécialités par lycée

Au-delà des principes généraux de la réforme, quelle sera l’offre de formation locale, par établissement? La liberté de choix, vendue par le ministre de l’Éducation, sera-t-elle effectivement au rendez-vous?

Depuis quelques mois, les proviseurs de lycée ont travaillé, en lien avec les services des rectorats, pour élaborer la carte de leurs spécialités. Principe de réalité oblige, ils se sont fondés pour cela sur les ressources humaines disponibles dans leurs établissements. En d’autres termes, impossible de proposer, par exemple, de la danse (comprise dans la spécialité Art), lorsqu’il n’y a pas, sur place, de professeur de la discipline. Plus préoccupant, la spécialité «Littérature et langues et cultures de l’antiquité», ne pourrait pas être proposée partout. «Avec cette réforme, l’Éducation nationale a prôné la liberté totale de l’élève. Mais depuis plusieurs semaines, elle semble être revenue à la raison», explique Philippe Vincent, le secrétaire général des personnels de direction à l’Unsa (SNPDEN).

Jean-Michel Blanquer a en effet précisé que les lycées devraient proposer un minimum de sept spécialités. Les élèves seront-ils égaux face à l’offre de formation, quand on sait déjà que les gros établissements de centre-ville proposeront l’ensemble des spécialités, quand les lycées ruraux auront une offre plus limitée? Les académies font valoir que les élèves pourront suivre les spécialités qui les intéressent dans un autre établissement. À suivre…