Un manifestant au “gilet jaune” a perdu la main samedi lors d’affrontements devant le siège du Parlement à Paris, ont déclaré des témoins à l’AFP lors d’un 13ème week-end de manifestations antigouvernementales en France.

Malgré la baisse du nombre de spectateurs lors des premières manifestations en novembre, des milliers de manifestants se sont rendus dans des villes du pays pour protester contre la politique du président français Emmanuel Macron.

Des heurts ont éclaté devant le bâtiment de l’Assemblée nationale à Paris après l’arrivée d’une marche des Champs-Élysées.

Alors que de nombreux manifestants ont marché pacifiquement, certains militants masqués ont tenté de faire tomber les barrières devant le parlement, tandis que d’autres ont uriné dehors. Des hommes masqués ont lancé des projectiles sur la police, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Alors que la marche se poursuivait vers le boulevard Saint-Michel, les vandales ont ciblé des abribus, des voitures et des vitrines le long du parcours.

Des médecins bénévoles de l’Assemblée nationale ont déclaré à l’AFP qu’un homme s’était fait arracher la main lors des affrontements entre la police et les manifestants.

Cyprien Royer, 21 ans, a filmé l’incident, qui aurait filmé l’incident, qui aurait été provoqué par une grenade flash-ball tirée par la police pour disperser la foule.

Royer a déclaré que la victime était un photographe de veste jaune “prenant des photos de personnes essayant de supprimer les barrières protégeant l’entrée de l’Assemblée nationale”, aux alentours de midi.

“Lorsque les flics sont allés disperser les gens, il a été touché par une grenade éclair-ball dans le mollet”, a-t-il ajouté. “Il voulait se battre pour ne pas exploser par la jambe et s’est éteint quand il l’a touché.

“Nous l’avons mis de côté et avons appelé les médecins de rue. Ce n’était pas beau: il hurlait de douleur, il n’avait pas de doigts – il n’avait pas beaucoup au-dessus du poignet”, at-il déclaré.

– Participation contestée –

La police parisienne a confirmé qu’un manifestant blessé à la main avait été soignée par des ambulanciers, mais n’a pas précisé. Vers 14h00 (13h00 GMT), les policiers ont arrêté 10 personnes, ont-ils ajouté.

“Nous ne devons pas abandonner”, a déclaré Serge Mairesse, retraité d’Aubervilliers, en banlieue parisienne. C’est la 11e fois qu’il marche avec le mouvement, a-t-il déclaré à l’AFP.

“Nous devons gagner pour avoir plus de justice sociale et fiscale dans ce pays”, a déclaré Mairesse, qui portait une pancarte appelant à la réimposition d’un impôt sur la fortune des hauts salariés, abrogé par Macron.

Des milliers d’autres manifestants se sont déplacés dans les ports méditerranéens français de Marseille et de Montpellier, ainsi que dans ceux de Bordeaux et de Toulouse au sud-ouest – fiefs des mouvements – et dans plusieurs villes du nord et de l’ouest de la France.

Les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur à 14 heures font état d’une fréquentation de 12 100 personnes en France, dont 4 000 à Paris, en baisse par rapport à la semaine précédente. Mais les estimations officielles de la semaine dernière ont été contestées par les organisateurs de la marche et par une estimation indépendante réalisée pour les médias.

Selon les chiffres du gouvernement, la première journée de protestation jaune en novembre a rassemblé 282 000 personnes dans les rues de France.

Un sondage YouGov publié jeudi auprès de 1 037 personnes indique que près de deux Français sur trois (64%) soutiennent toujours le mouvement. Il a été réalisé les 30 et 31 janvier.